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J’ai toujours été indépendant de caractère, d’où un choix professionnel qui m’a amené vers la création d’entreprises.

Mais symétriquement, j’ai toujours eu la conviction qu’un individu, un groupe ou une entreprise ne pouvaient se développer qu’en harmonie avec son environnement.

Je ne suis donc heureux que dans une société juste et équitable. Et je ne crois fondamentalement pas que l’addition des égoïsmes mène tout naturellement à cela. C’est ainsi que je me suis affirmé comme patron de gauche. Et je le revendique. Défenseur de l’individu, du risque, de la récompense de ce risque. Mais aussi partisan acharné d’un système collectif qui a pour fonction de réparer les bugs, les blessures et les injustices d’un libéralisme sans entraves.

Et ça marche : 60% des salariés de notre entreprise en était actionnaires. Cela ne nous a pas empêché de devenir leader sur notre marché. Bien au contraire.

Donc, c’est ainsi que s’est construite ma vie politique : considéré par les patrons comme ne faisant pas partie des leurs ; regardé avec méfiance par les gens de gauche qui voyaient mon itinéraire bousculer leurs fondamentaux.

Paradoxalement, je le constate tous les jours, cette posture entre en résonance avec les lyonnais que je rencontre tous les jours. Contrairement à ce qu’on dit, ils aiment l’engagement politique. Ce ne sont pas les partis qu’ils détestent mais l’esprit de parti. Et ils pensent que les hommes politiques doivent juger sur ce qu’ils font plus que sur ce qu’ils disent.

Nous vivons aujourd’hui un séisme politique. Les idéologie sont mortes alors même que nous allons devoir faire face à deux chocs frontaux : le choc écologique et celui des conséquences de la mondialisation. Le réflexe du citoyen est aujourd’hui de rechercher des hommes ou des femmes politiques qui agissent (ré-agissent ?). Ils ont raison. L’immobilité, c&rsq?o;est la mort. Agir, oui ! Agir vite, encore mieux !

Pour moi, la mission des « politiques » est de revisiter une pensée politique qui s’est pour la plupart construite au XIXe siècle. Libéralisme contre socialisme. Ricardo ou Marx ne sont pas les mieux placés pour résoudre les problèmes de notre monde : l’exclusion, la tribalisation, les banlieues, la financiarisation de l’économie, le défi écologique… Un homme de gauche ne peut plus se satisfaire de schémas politiques dont on sait qu’ils ne fonctionnent plus. Et donc qu’ils ne pourront rien changer au monde…

Il me semble qu’une des clefs d’entrée immédiatement opérationnelle est la remise en cause d’une certaine conception du « collectif ». La pensée politique de gauche s’est construite autour des « masses » dont la lutte allait permettre la libération. Combien de français répondrait positivement aujourd’hui si on les questionnait sur leur sentiment d’appartenance aux masses populaires ?

L’individualisme, hérité des lumières, a eu raison de cette approche massifiante. Non, chacun d’entre nous ne se ressent pas une simple composante anonyme… Il est temps aujourd’hui pour la gauche de mettre en cause ces fondamentaux. L’épanouissement de l’homme, une société équitable et lma fin des exclusions ne s’obtiennent pas au travers d’une analyse réductrice oubliant l’individu et sa dimension plurielle.

LA POLITIQUE DOIT SE REINVENTER !